Les courses en drive en Champagne Ardennes avec Cora
CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes) Premier hypermarché des Ardennes (470 salariés), Cora a lancé avec succès la formule du drive.
Un nouveau comportement d'achat. Enquête.
LE concept du drive ou service au volant est né aux Etats-Unis dans les années 40. Avec le cinéma en plein air, puis d'autres secteurs comme la restauration et la distribution alimentaire.
Les enseignes de la grande distribution française s'y sont ensuite collées. Dans les Ardennes, l'hypermarché Cora a initié le mouvement le 15 juin 2010 en étant le premier à s'approprier la formule au sein du groupe (*).
«L'offre sur internet étant très faible pour les produits alimentaires, il fallait répondre à un nouveau type de consommation tout en nous préparant au commerce du XXIe siècle. Et dès le début, ce service a séduit les clients » explique Gérard Germain le papa du drive carolo.
Le principe est simple : le consommateur fait ses courses en ligne, peut se rendre au magasin entrepôt au minimum deux heures plus tard pour récupérer sa commande après s'être fait identifier à une borne d'accueil.
Un employé charge directement les provisions dans le coffre de la voiture sur la piste de récupération créée à cet effet. Et l'utilisateur repart sans même être obligé de descendre de son véhicule.
L'émergence d'un nouveau mode d'achat
Le concept lancé comme une réponse à la percée de l'e-commerce gagne de plus en plus de terrain en intéressant notamment des mères de famille. Bref, la greffe a pris chez les ménages.
« Ce qui intéresse en premier lieu les gens, c'est le gain de temps que cela occasionne car ils n'ont pas à chercher de place pour se garer et peuvent faire leurs courses chez eux à tête reposée. On n'est plus là dans le cadre de l'achat d'impulsion » explique un utilisateur qui, dès le début de l'expérience, a été conquis au point de devenir un accro de cette révolution commerciale.
Le drive correspond aux attentes d'une clientèle qui apprécie de faire ses achats en les ayant sélectionnés auparavant sur le net. Ils estiment ainsi ne plus perdre des heures à charger leurs chariots hebdomadaires. Une mécanique désormais bien huilée pour certains.
« Pour moi, les courses ne sont plus une corvée. En plus, ce mode de fonctionnement me permet de mieux contrôler mes dépenses en étant moins tentée par le superflu. Enfin, j'adapte mon passage au drive avec mes horaires de travail » s'enflamme Adeline qui s'est laissée convaincre par l'émergence de cette niche.
Gilberte, une septuagénaire, est aussi ravie. « Quand on a mal au poignet et au dos et que les sacs sont lourds à porter, c'est une bonne solution ».
Praticité, gain de temps, pas de surcoût... A Cora, ce nouveau canal de consommation a amené un nouveau comportement d'achat.
Gérard Germain revient sur les 18 mois d'exploitation. « Le temps étant désormais ce qu'il y a de plus précieux, ce nouveau service a tout de suite été bien perçu car les gens veulent organiser leur emploi du temps différemment. On s'est engagé à ce que l'opération de livraison dans le coffre de la voiture soit opérée en moins de cinq minutes. Et ça plaît. 300 à 400 commandes sont recensées chaque semaine. Avec un panier moyen trois fois supérieur à celui du magasin ».
Comme quoi, le bonheur de faire ses courses sans faire la course a ses adeptes. Même si une fois encore, le contact humain passe à la trappe...
*En même temps que Moulins-lès-Metz, Wittenheim et Ermont.
Pascal REMY
Source : lunion.presse.fr
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